Relations conscientes : réapprendre à créer du lien

L’homme, animal social, a besoin de la compagnie d’autrui. Développer notre réseau personnel de soutien, fait de relations conscientes basées sur l’échange, l’entraide, la bienveillance et la proximité, est un gage de résilience et de souveraineté. En commençant par renforcer la qualité de notre relation à nous-mêmes…

Relations conscientes

Coopération et appartenance : des besoins humains fondamentaux

Si nos capacités de guérison et d’épanouissement sont à puiser essentiellement à l’intérieur de nous-mêmes, il n’en reste pas moins que l’homme est un animal social, naturellement disposé à rechercher la compagnie et l’approbation de ses semblables, aussi bien à des fins de survie que de reproduction.

De tout temps, des groupes d’humains se sont tour à tour alliés pour tenter d’améliorer leur qualité de vie, ou opposés pour protéger leur territoire et leurs ressources. Le besoin d’appartenance à un groupe est un besoin primaire, l’espérance de vie d’un individu isolé étant très faible, même à l’heure actuelle.

Depuis toujours donc, les humains sont en proie à deux instincts contradictoires : l’instinct de coopération et l’instinct de compétition.

« Nul homme n’est une île. »
— John Donne (poète anglais 1572-1631)

« La plupart des scientifiques s’accordent à dire que le désir de créer et de maintenir des liens sociaux contribue à notre évolution en tant qu’humains. »
— Sonja Lyubomirski

Hyperindividualisme, compétition et perte du lien social

À l’ère post-industrielle, nous sommes toujours soumis à ce paradoxe. Alors que la conscience et la morale nous poussent à la solidarité et à l’entraide, le dogme de la croissance infinie exacerbe nos pulsions compétitives dans un contexte de raréfaction des ressources, mettant en avant l’aspect le plus sombre de l’humanité.

Le jeu de la compétition et de la division sociale façonne les individus dès leur plus jeune âge, par le biais de structures éducatives conçues pour conditionner les jeunes esprits à servir les intérêts du système productiviste, bien souvent au mépris de la dignité humaine.

Les comportements individualistes et égocentriques qui découlent de ce conditionnement s’avèrent contre-productifs en matière de santé publique et d’évolution, car ils mettent en péril l’assouvissement du besoin inné de sécurité sociale (au sens large du terme) de tout un chacun.

Pour l’heure, comment bâtir un sentiment d’appartenance sociale sain et concret quand nous sommes noyés dans les tumultes d’un système mondialisé, mégalopolisé, délocalisé, virtualisé et au final… totalement déshumanisé ? Et quand nous sommes habités par un sentiment grandissant d’impuissance face à des structures décisionnaires de plus en plus centralisées et inaccessibles ?

Cette désagrégation progressive du lien social se manifeste déjà dans le quotidien de nombreuses personnes : voisins qui ne se connaissent plus, familles éclatées géographiquement, relations de plus en plus virtuelles, difficulté à demander de l’aide, sentiment de solitude malgré l’hyperconnexion numérique, ou encore multiplication des relations superficielles et utilitaires. À mesure que les structures collectives se fragilisent, beaucoup éprouvent un profond sentiment d’isolement et d’insécurité relationnelle.

Développer un réseau de soutien basé sur des relations conscientes

Créer des relations conscientes suppose également de ralentir suffisamment pour redevenir réellement disponible à l’autre. Dans des sociétés marquées par l’accélération permanente, la surcharge mentale et l’hyperconnexion numérique, les relations humaines tendent à devenir plus superficielles, plus utilitaires et plus artificialisées. Or, la qualité du lien humain repose avant tout sur la présence, l’écoute, le temps partagé dans la réalité physique, tangible.

Face aux dérives antisociales de l’ère de l’instantané, la transition vers une organisation sociétale de proximité, à échelle humaine, locale, communautaire, semble nécessaire afin d’évoluer vers des modes de vie à la fois durables, harmonieux et générateurs de lien social sain.

Nous pouvons tous commencer par augmenter notre niveau de sécurité sociale et notre souveraineté personnelle en travaillant à développer notre propre réseau de soutien, fait de relations conscientes basées sur le partage, l’entraide, la bienveillance et autant que possible la proximité géographique.

La relation à soi comme fondement des relations conscientes

Ce faisant, il est important de bien garder à l’esprit que la qualité de nos relations (et donc la qualité de notre réseau de soutien) dépendra toujours avant tout de la qualité de notre relation à nous-mêmes.

Lorsque nous sommes en proie, de façon récurrente, à des relations toxiques, addictives, codépendantes ou conflictuelles, ou bien lorsque nous évitons les relations trop intimes, cela est le signe d’un profond mal-être qui continuera de se manifester au travers de relations dysfonctionnelles tant que ses causes réelles n’auront pas été identifiées et fait l’objet d’un travail de guérison émotionnelle.

« Les conflits dans le monde sont le miroir de nos conflits intérieurs non résolus. »
— Eckhart Tolle

Pour aller plus loin…

Les relations conscientes sont l’un des 10 piliers de la démarche Ralentir pour mieux avancer, une approche de santé holistique qui relie santé physique, mentale, émotionnelle et sociétale. Découvrez comment renforcer l’ensemble de ces 10 piliers pour incarner le nouveau paradigme !